Techniques séculaires et outils éternels
...Pour ce qui est du bâti du meuble (c'est-à-dire la carcasse) celui-ci continue de recevoir les panneaux par assemblages à tenons et mortaise, à rainure et languette, à faux-tenon et à queue d’aronde (ou queue d’hironde pour sa ressemblance avec la queue de l’hirondelle) ce dernier procédé, datant du XVIe siècle, étant le plus couramment utilisé pour le montage des tiroirs...
Quant aux opérations nécessaires, la procédure reste inchangée, tant dans la fabrication du meuble massif que pour le meuble marqueté. Pour les plus belles pièces, il ne faudra pas moins de quatorze opérations et autant de mains expertes avant d’avoir sous les yeux un meuble de style de la meilleure facture.
Les bronzes avaient à l’origine une fonction utilitaire : ils protégeaient les arêtes des meubles et les entrées des serrures, ou équipaient les meubles de boutons, mains tombantes ou poignées pour en faciliter la manipulation... Elément de base du bronze, le maître-modèle choisi est ensuite confié au fondeur qui rendra une pièce encore grossière, présentant des défectuosités : coutures de métal, perles, grains… Celle-ci sera alors reprise par l’ébarbeur dont le rôle consiste à détourer à la lime le pourtour de la pièce, de même que toutes les parties ajourées seront minutieusement ébarbées à l’aide d’une lime aiguille ou d’une lime ronde. La pièce sera alors décapée dans un bain d’acide nitrique, lequel donnera au métal brut la teinte jaune du bronze. Viendra ensuite l’intervention encore plus personnelle du ciseleur. Avec ses outils clairs que sont le traçoir, l’ognette, le perloir et le ciseau, le ciseleur affinera toutes les lignes à l’aide d’un sillon confectionné comme une écriture, avec ses pleins et ses déliés. Puis, pour donner plus de volume et d’expression au sujet traité, il utilisera les outils permettant de réaliser les mats (mat à la pointe et mat quadrillé), l’opération consistant en un martelage qui vient en s’amenuisant dans le sens de la forme, lequel sera, le cas échéant, complété d’un retroussement de feuille à l’aide d’une ognette, accentuant ainsi la contre-dépouille...
C’est le florentin, Benedetto da Maïano, dit « Vasari » qui fut le précurseur de la marqueterie, au XVe siècle. Il inventa et développa la technique de « l’intarsia incrusta » consistant à excaver des cavités dans le bois massif des meubles pour y intégrer des pièces de différentes essences. La marqueterie fut développée plus tard en France, au XVIIe siècle, par André-Charles Boulle qui utilisa le bois, l’écaille, le cuivre, l’étain et la nacre, mais c’est incontestablement le style louis XV, à la génération suivante, qui fut en la matière le plus novateur. L’époque, particulièrement inspirée, consacra, outre des formes inédites, des procédés nouveaux : les placages en frisage, les jeux de fonds, les marqueteries complexes, et le vernis martin qui remplaça la laque de Chine. Des bois exotiques furent importés, qui allaient permettre de composer la marqueterie avec une palette de couleurs d’une richesse jusqu’alors inédite, et de produire de véritables tableaux...
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